La téléconsultation médicale en France : quelles évolutions en 2020 ?

Il est indéniable qu’en 2020, la téléconsultation a connu un essor considérable, une véritable explosion qu’elle n’aurait pas connu sans la crise du coronavirus. Ce mode de consultation a à la fois évolué d’un point de vue législatif, mais aussi d’un point de vue de sa pratique. 

Le boom des téléconsultations


Au début 2020, la téléconsultation était un mode de consultation encore peu utilisé, mais avec la crise du covid-19, cela a changé. Beaucoup de médecins ont commencé à proposer la téléconsultation médicale, et de plus en plus de patients ont commencé à y avoir recours. Les médecins généralistes sont les médecins les plus représentés, mais il y a également des spécialistes, tels que des dermatologues ou des psychiatres.


Selon une enquête d’Odoxa, 71 % des médecins interrogés ont déclaré avoir réalisé au moins une téléconsultation, contre 9 % l’année précédente. En 2019, seul 6 % des Français déclaraient avoir déjà téléconsulté (enquête réalisée pour l’Agence du Numérique de la Santé (ANS) et « le Magazine de la Santé »). Ce chiffre a considérablement augmenté depuis, au vu du nombre de téléconsultations réalisées cette année.


Les données de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie sont sans équivoque. En décembre 2019, seulement 25 000 consultations à distance avait été enregistrées contre 4,52 millions en avril 2020. Au niveau le plus haut de la crise, les téléconsultations représentaient plus d’un tiers des consultations selon l’Assurance Maladie. 


Évidemment, ces chiffres reflètent les restrictions de déplacements liées au confinement pour réduire le nombre de contaminations du coronavirus. Néanmoins, cet engouement ne semble pas s’être tari après le déconfinement.

Des assouplissements législatifs


En 2019, la consultation à distance entrait dans le droit commun afin que les patients téléconsultant puissent bénéficier d’un remboursement de leur consultation, sous certaines conditions. Pour que la téléconsultation entre dans le parcours de soins coordonnées, il faut notamment que le patient soit initialement orienté vers cette solution par son médecin traitant si celui-ci n’est pas le médecin qu’il va voir en téléconsultation. Par ailleurs, le patient et le médecin téléconsultant doivent déjà avoir réalisé une consultation en présentiel.


Avec l’épidémie de covid-19, les conditions de remboursement de la téléconsultation médicale ont été assouplies. Ainsi, tout patient testé positif au covid-19 ou présentant des symptômes du coronavirus peut bénéficier d’un remboursement à 100 % par l’Assurance Maladie de sa téléconsultation. Il doit consulter en priorité son médecin traitant, mais peut en consulter un autre en cas d’indisponibilité de ce dernier, ou s’il n’en possède pas (pour en savoir plus, cliquez ici). D’autre part, les consultations à distance par téléphone sont également remboursables pendant le confinement, cela afin de faciliter la prise en charge de patients ne disposant pas d’un accès à un réseau internet ou d’un appareil permettant de réaliser une vidéotransmission.


L’Assurance Maladie a étendu la prise en charge des téléconsultations à 100 % jusqu’à la fin de l’état d’urgence sanitaire, et ce, quel que soit le motif de téléconsultation. Par ailleurs, depuis janvier 2020, les infirmières et infirmiers libéraux peuvent participer à une téléconsultation.


Vers une démocratisation de la téléconsultation ?

De nombreuses solutions de téléconsultation ont pu profiter de cet essor impulsé par la crise du coronavirus et le premier confinement. Cela veut-il dire que cette évolution sera durable ? Tout porte à le croire selon les mesures annoncées en faveur de la télémédecine lors du Ségur de la Santé qui s’est déroulé en juillet 2020. Près de 100 millions d’euros devraient être injecté dans ce secteur afin de favoriser son essor et son développement. D’autre part, la pratique commence déjà à s’installer puisque de plus en plus de Français y ont recours pour des consultations qui ne concernent pas toutes le Covid-19.